Nous sommes revenues hier d'une semaine de fous...
Samedi dernier, nous sommes allés à Lachua avec les jeunes (cf photo magnifique du lac aux couleurs de caraibes précédement mise sur le blog...) pour y partager un week-end de baignade et d'ateliers. Ces jeunes sont ceux que la compagnie La Obra va former pour faire marcher le centre après le départ de Céline et Gisel, et des week-end comme celui-là permettent de souder une équipe...
Je tiens à dire que j'ai fait d'énormes progrès en deux mois ; je suis maintenant capable de marcher toute seule dans la jungle sans autre bruit que celui des animaux, capable aussi de faire pipi dans des toilettes habitées par un scorpion (même si bon, là, j'avoue que j'ai un peu de mal... mais j'y arrive !!!) , et même, je suis tombée nez à nez avec un coral (mais si, ce serpent rouge et noir dont la morsure vous tue en deux secondes !!) et je suis restée d'un calme olympien... Alors, je ne sais pas trop si vous allez me reconnaître à mon retour... Je deviens Indiana Jones...
Et Lundi, nous sommes parties avec Lorena et Solenn à Pueblo Nuevo, la communauté dans laquelle nous avions fait un atelier pendant le festival. Déborah avait choisi d'animer un atelier de théâtre avec des jeunes, et moi, d'appuyer avec l'outil théâtre le travail des filles sur la mámoire historique.
Nous avons donc rencontré Teresa, une retornada ( = réfugiée au Mexique pendant le conflit armé, puis revenue 11 ans plus tard au Guatemala), qui nous a invitées à manger chez elle ; nous avons beaucoup ri, essayé d'apprendre à faire des tortillas à la main, beaucoup discuté, beaucoup partagé... Un grand moment de chaleur humaine... Avec les trois jeunes filles qui participaient à cet atelier, Paulina, Maria et Victoria, j'ai essayé de mettre en place des petits exercices de théâtre qui préparaient l'entretien avec Teresa, et aussi qui permettaient à son issue d'échanger sur ce qu'elles avaient vécu, d'utiliser leur corps comme moyen d'expression sur cette histoire qui est la leur. Et encore une fois, quelle émotion que de partager ca d'aussi près !
Mais Pueblo Nuevo est pour nous la communauté des révélations, et notre rencontre avec Kiké (ou Quiqué, ou Enrique, au choix...), un jeune avec lequel nous avons énormément discuté, a été pour moi le déclic par rapport à la suite de mon projet en France, et dès mon retour au centre, je me suis occupée de voir comment, à mon échelle, je pouvais lui tendre une main par la mise en place d'un atelier de peinture... Affaire à suivre...
Et enfin, cette expérience n'aurait pas été complète sans un petit cours de Mam et de Q'eqchi', deux langues mayas dont les jeunes se sont spontanément offert de nous inculquer certains rudiments...
Je me sens tellement plus légère et plus sûre de ce que j'ai envie de faire, après Pueblo Nuevo, que quitter l'Ixcan dans 5 jours m'est un crève-coeur... il y a tellement encore de choses que j'ai envie de mettre en place, et tellement de choses à découvrir...